Espace et environnement

Utilisation et couverture du sol

Le paysage suisse évolue sous l’influence des activités humaines et des processus naturels, qui entraînent des changements dans l’utilisation et la couverture du sol. La statistique suisse de la superficie retrace l’évolution des différents types d’utilisation du sol depuis 1979, en regroupant les 72 catégories en quatre domaines principaux: les surfaces d’habitat et d’infrastructure, les surfaces agricoles, les surfaces boisées et les surfaces improductives. Elle permet d’analyser les changements, y compris l’imperméabilisation du sol, et d’évaluer dans quelle mesure ceux-ci sont conformes aux objectifs du développement territorial, ainsi que des politiques agricole et environnementale de la Suisse.

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Aperçu de l’utilisation et de la couverture du sol

«Mitage du territoire», «recul des glaciers», «déprise agricole dans les Alpes»: l’évolution du paysage fait les gros titres des médias et alimente le débat politique. Afin de mieux comprendre ces changements dans le temps, la statistique de la superficie classe les types d’utilisation du sol en quatre grandes catégories: les surfaces d’habitat et d’infrastructure, les surfaces agricoles, les surfaces boisées et les surfaces improductives.

Recours à l’intelligence artificielle pour produire la statistique de la superficie de l’OFS

C’est en 2022 qu’une intelligence artificielle a contribué pour la première fois à la production d’une statistique publique en Suisse. Grâce à l’outil d’apprentissage profond («Deep-Learning») ADELE, il a été possible d’automatiser partiellement l’interprétation des images aériennes de la statistique de la superficie, une tâche particulièrement chronophage. ADELE montre de manière exemplaire les nouvelles possibilités que l’intelligence artificielle offre à la statistique publique et comment son utilisation peut se concrétiser dans la pratique. Cet outil met cependant également en évidence la difficulté d’associer le fonctionnement de l’intelligence artificielle et l’exigence de produire des statistiques précises livrant des séries temporelles fiables à long terme.

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Surfaces d’habitat et d’infrastructure

Les surfaces d’habitat et d’infrastructure comprennent les aires et installations servant à l’habitat, aux transports, à la production (sans l’agriculture ni la sylviculture), au commerce et aux services, à l’approvisionnement et à l’élimination, ainsi qu’à la détente. La catégorie «surfaces d’infrastructure spéciale» regroupe les installations d’approvisionnement et d’élimination (énergie, eaux usées, ordures ménagères, etc.), les sites d’extraction de matériaux, les décharges, les chantiers et les friches et bâtiments désaffectés, ainsi que les bâtiments situés sur de telles surfaces. Ces surfaces représentent la plus faible part du territoire national, mais enregistrent la plus forte augmentation. Cela s’explique notamment par les besoins croissants en matière de logement, de mobilité et d’activités économiques. Le suivi statistique des surfaces d’habitat et d’infrastructure permet de mettre en évidence des tendances telles que la densification ou le mitage du territoire. 

Indicateurs relatifs à l’utilisation de surfaces d’habitat et d’infrastructure

En 2026, chaque habitant occupe en moyenne 396 m² de surface d’habitat et d’infrastructure. Un deuxième indicateur tient compte des activités économiques. Sa valeur est de 268 m² par habitant et par emploi.

Ces deux indicateurs permettent de mesurer l’utilisation des surfaces d’habitat et d’infrastructure dans le contexte de la croissance démographique et des activités économiques. Ils constituent des indicateurs importants pour analyser l’évolution au sein du territoire urbanisé et le mitage du territoire dans l’optique d’une utilisation mesurée de la ressource «sol».

Méthode de calcul 

Le calcul de cet indicateur consiste à diviser la superficie des surfaces d’habitat et d’infrastructure par le nombre d’habitants ou par la somme des habitants et des équivalents plein temps. Les surfaces d’habitat et d’infrastructure sont déterminées sur la base de points d’échantillonnage et présentées selon la nomenclature standard de la statistique de la superficie.

Les données relatives à la population et aux équivalents plein temps sont collectées au niveau des communes. Chaque commune est déterminée à l’aide des coordonnées centrales, c’est-à-dire les coordonnées de son centre socio-économique le plus important. Chaque coordonnée étant associée à l’année de la prise de vue aérienne, les coordonnées du centre permettent de déterminer l’année de référence de la commune.

Cette année de référence sert ensuite à déterminer la population résidante permanente moyenne (STATPOP) et les équivalents plein temps (STATENT). Les données démographiques des communes sont additionnées pour obtenir la population totale par canton et par grande région.
 

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Surfaces imperméabilisées

Les surfaces imperméabilisées comprennent les surfaces non naturelles, partiellement ou totalement imperméables aux eaux de pluie. En font partie non seulement les surfaces totalement imperméabilisées, telles que les bâtiments, les sols asphaltés ou bétonnés, mais également les surfaces partiellement imperméabilisées, telles que les sols compactés, couverts de gravier, de pavés ou de dalles. Dans la statistique de la superficie, les surfaces imperméabilisées regroupent les catégories de couverture du sol: surfaces compactées, bâtiments et serres. En Suisse, l’urbanisation croissante accentue ce phénomène, ce qui a des répercussions sur la gestion de l’eau, la biodiversité et le climat urbain. 

Évolution des surfaces imperméabilisées

La superficie totale des surfaces imperméabilisées en Suisse a augmenté de 39,9% depuis le premier relevé de la statistique de la superficie en 1985. Son extension s’explique notamment par l’augmentation de la surface habitable, de la superficie consacrée au transport et par les changements structurels dans l’agriculture, qui s’accompagnent de travaux d’amélioration foncière et de la construction de bâtiments d’exploitation plus grands. 

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Surfaces agricoles

Les surfaces agricoles comprennent les prairies naturelles et les terres arables, les pâturages locaux, les surfaces consacrées à l’arboriculture fruitière, à la viticulture et à l’horticulture, ainsi que les surfaces utilisées comme alpages. Elles couvrent plus d’un tiers du territoire suisse. Ces espaces jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement alimentaire, la biodiversité et l’équilibre du paysage culturel. 

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Surfaces boisées

Les surfaces boisées comprennent les forêts, les forêts buissonnantes et les autres surfaces boisées. Ces surfaces couvrent près d’un tiers du territoire suisse. Elles jouent un rôle essentiel pour la biodiversité, la protection contre les risques naturels et l’équilibre climatique. 

Forêt: une expansion marquée dans les Alpes, à haute altitude

Pendant plusieurs siècles, les forêts suisses n’ont cessé de reculer. Depuis 1876, date à laquelle la loi fédérale sur la police des forêts est entrée en vigueur, cette tendance s’est toutefois inversée. Les forêts de plaine restent bien protégées malgré la pression. Depuis 1985, les surfaces boisées gagnent du terrain, notamment dans le Jura, les Préalpes et les Alpes à plus de 1000 mètres d’altitude. Dans les zones situées au-dessus de 2000 mètres, c’est-à-dire à la limite de la forêt, l’augmentation relative a même atteint un tiers voire plus.

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Surfaces improductives

Les surfaces improductives comprennent les plans d’eau, les cours d’eau, la végétation improductive et les surfaces sans végétation (rochers, sable, éboulis, glaciers et névés). Elles couvrent environ un quart du territoire suisse, principalement dans les Alpes et les plans d’eau des plaines. Le suivi statistique de ces zones permet d’analyser leurs dynamiques internes.

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